L'Intelligence artificielle : amie ou ennemie ?

Un outil puissant… mais à quel prix?

L’IA dans notre quotidien : bonne ou mauvaise idée?

L’intelligence artificielle, ou IA, fait maintenant partie de notre quotidien. On la retrouve dans nos téléphones, nos réseaux sociaux, nos jeux vidéo, nos outils de création et même dans nos recherches pour l’école. Elle peut nous aider à trouver des idées, à créer une image, à corriger un texte ou simplement à répondre à une question.

Mais plus l’IA devient présente, plus une question se pose : est-elle vraiment notre amie ou pourrait-elle aussi devenir notre ennemie?

Une alliée qui peut nous aider

L’IA peut être un outil très pratique. Pour un étudiant, elle peut aider à comprendre une notion difficile, trouver des pistes pour un travail ou reformuler un texte. Dans le domaine artistique, elle permet aussi d’explorer de nouvelles façons de créer de la musique, des images, des vidéos ou des histoires.

Elle peut également être utile dans le domaine de la santé mentale. Certaines personnes utilisent des outils conversationnels pour mettre leurs pensées en ordre, trouver des ressources ou simplement avoir un espace pour écrire ce qu’elles ressentent. C’est un soutien disponnible 24/7.

Mais il y a une limite importante : une IA n’est pas un professionnel de la santé et ne remplace pas un psychologue, un médecin ou une personne de confiance. Elle peut donner des informations, mais elle ne connaît pas réellement notre vie, nos émotions ou notre situation. Aussi, l’IA va souvent chercher à nous dire ce qui nous fait plaisir afin de nous garder accrochés. Son algorithme peut chercher à ne pas nous contrarier.

L’IA et les réseaux sociaux : qui contrôle qui?

L’utilisation de l’IA n’est toutefois pas toujours positive. Les réseaux sociaux utilisent déjà des algorithmes pour nous proposer du contenu qui pourrait nous intéresser. Plus on regarde certains types de vidéos, plus on risque d’en voir d’autres similaires.

Cela peut avoir un impact sur notre santé mentale. Comparaison constante, pression de réussir, recherche de validation, dépendance aux écrans… l’IA peut parfois contribuer à créer un environnement où il devient difficile de décrocher.

Il y a aussi le risque de devenir trop dépendant de ces outils. Si on demande constamment à une IA quoi penser, quoi écrire ou quoi créer, on peut progressivement avoir moins confiance en nos propres capacités.

vecteur d'innovation ou substitut à l'artiste ?

Le monde artistique est lui aussi directement touché par l’IA. Certains artistes voient l’intelligence artificielle comme un nouvel outil qui permet d’expérimenter et de créer différemment. D’autres sont préoccupés par l’utilisation de leurs œuvres pour entraîner des systèmes d’IA sans leur permission ou sans rémunération.

Cela soulève une question intéressante : si une IA crée une œuvre, qui est réellement l’artiste?

L’IA peut générer une image impressionnante, mais elle ne possède pas les expériences personnelles, les émotions et les souvenirs qui peuvent inspirer un artiste humain. Elle peut reproduire des styles et combiner des idées, mais la créativité humaine reste beaucoup plus complexe qu’une simple commande écrite dans une boîte de texte.

L’IA n’est pas virtuelle pour la planète

On parle souvent de l’IA comme d’une technologie virtuelle. Pourtant, elle a des besoins très physiques.

Les systèmes d’intelligence artificielle fonctionnent grâce à d’immenses centres de données qui nécessitent beaucoup d’électricité et de ressources pour fonctionner et être refroidis. Plus nous utilisons des services d’IA, plus les infrastructures nécessaires pour les faire fonctionner doivent être développées.

Cela ne signifie pas que chaque question posée à une IA détruit la planète. Mais comme pour plusieurs technologies, il est important de se demander : avons-nous vraiment besoin de l’utiliser pour tout?

Utiliser l’IA de façon réfléchie peut donc aussi vouloir dire éviter de l’utiliser simplement parce qu’elle est disponible.

Et les deepfakes dans tout ça?

L’un des côtés les plus impressionnants, mais aussi les plus inquiétants de l’intelligence artificielle, c’est le deepfake. Il s’agit d’une photo, d’une vidéo ou d’un extrait audio créé ou modifié par l’IA pour faire croire qu’une personne a dit ou fait quelque chose qui n’a jamais eu lieu.
Imagine une vidéo ou un vocal de toi qui a l’air 100 % réel… mais qui est complètement faux. Aujourd’hui, les outils sont devenus si puissants qu’il faut un œil d’expert pour réussir à distinguer le vrai du faux.

Les deepfakes peuvent être utilisés à grande échelle pour diffuser de fausses nouvelles (infox), manipuler l’opinion ou piéger des célébrités. Mais au quotidien, leurs impacts les plus directs touchent les jeunes sur les réseaux sociaux.

Parmi les dérives les plus fréquentes:

  • L’intimidation et la cyberviolence : Créer de faux audios ou de fausses vidéos pour faire croire qu’un élève a tenu des propos blessants ou racontés des mensonges afin de détruire sa réputation à l’école.
  • Le montage d’images intimes non consenties : Utiliser l’IA pour dénuder la photo d’un camarade ou la placer dans un contexte explicite sans son accord. Il s’agit d’une atteinte grave à la vie privée et d’une forme d’agression numérique punishable par la loi.
  • L’escroquerie et le vol d’identité : Imiter la voix ou le visage d’un proche pour réclamer de l’argent ou extorquer des informations personnelles.

Dans un monde où n’importe quelle image ou voix peut être fabriquée de toutes pièces en quelques secondes pour humilier ou tromper, la vigilance est essentielle. Développer son esprit critique, vérifier ses sources et refuser de partager un contenu suspect ou humiliant, c’est le meilleur moyen de se protéger et de protéger les autres.

Alors… amie ou ennemie?

La réponse est probablement : ni l’un ni l’autre.

L’intelligence artificielle est un outil. Et comme beaucoup d’outils, son impact dépend de la façon dont nous l’utilisons. Elle peut nous aider à apprendre, à créer et à résoudre certains problèmes. Mais elle peut aussi être utilisée pour manipuler, tromper, remplacer certaines tâches humaines ou avoir des conséquences sur notre santé mentale et notre environnement.

La prochaine fois que tu utiliseras une IA, prends donc quelques secondes pour te demander : Est-ce que cet outil m’aide réellement… ou est-ce que je l’utilise simplement parce que je peux?

L’objectif n’est pas d’avoir peur de l’intelligence artificielle. C’est plutôt d’apprendre à l’utiliser avec un esprit critique, tout en gardant notre propre jugement, notre créativité et notre humanité.

5 réflexes pour garder l'IA dans ton camp

L’intelligence artificielle fait maintenant partie de ton quotidien, mais c’est toi qui gardes le contrôle. Pour profiter de ses avantages sans tomber dans ses pièges, voici 5 habitudes simples à adopter :

  • Garde du recul face aux chatbots : Utilise l’IA pour brainstormer, structurer tes idées ou ventiler un coup, mais ne la laisse pas remplacer tes vrais amis ou un professionnel si tu traverses un moment difficile.
  • Développe ton réflexe « vérification » : Devant un visuel percutant, une vidéo douteuse ou une information choc, prends l’habitude d’interroger la source avant de partager. Les deepfakes sont plus vrais que nature.
  • Protège tes données personnelles : Ne partage jamais d’informations identifiables (adresse, mots de passe, secrets trop intimes) dans tes conversations avec une IA. Ces données peuvent être conservées et réutilisées.
  • Adopte la sobriété numérique : Générer 50 images juste pour tester consomme une quantité d’eau et d’électricité impressionnante. Utilise les requêtes de manière ciblée pour réduire ton empreinte écologique.
  • Entraîne ton propre cerveau : Laisse l’IA t’aider à comprendre un concept difficile ou à débloquer une feuille blanche, mais rédige et crée par toi-même. C’est en pratiquant que tu développes ton propre esprit critique et ta créativité.

À propos de l’autrice de ce blogue

Arielle Duchesneau cumule plusieurs années d’expérience en tant que développeuse web et c’est elle qui est en autre responsable de la création et du développement du site web d’Angle Psy.

Elle considère essentiel de mettre ses compétences numériques au service de causes sociales qui lui tiennent à cœur, notamment celles liées au féminisme et au bien-être des communautés marginalisées.


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